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Vœux 2017

J’avais jusqu’à ce matin échappé à la tentation des vœux qui chaque année me démange comme bon nombre de mes concitoyens. Mais j’ai eu une vision cette nuit. Cela tient sans doute au fait que mes enfants m’ont obligé à jouer à Jungle Speed hier soir, je suis d’une nullité affligeante à ce jeu ! Je saisis le totem quand il ne faut pas et quand je dois le saisir je reste immobile à attendre la fin du monde. Bref le bide total.

A propos de fin du monde je la sens proche, si les témoins de Jéhovah frappent à ma porte ce matin ils auront une oreille attentive et devant eux un homme plein de repentir prêt à se dévoyer dans la foi la plus abjecte. L’athée sincère et convaincu que j’étais n’est plus.

Seigneur donnez moi mon aveuglement quotidien et une foi inébranlable en la bonté de mon prochain.

J’ai fait un rêve (sans doute prémonitoire) j’étais dans un vaste salon avec une foule de belles dames en robe du soir et de beaux messieurs en queue de pie, j’ai reconnu tous nos grands puissants en train de s’enivrer dignement au champagne. Mais au milieu il y avait un groupe un peu tapageur avec Vladimir et Donald en grande forme .Vladimir en était à sa deuxième bouteille de Vodka et Donald avait éclusé assez de bourbon pour n’être plus très sûr d’être président des États Unis ou du Kazakhstan. Ils rigolaient tous les deux comme des bossus en se lançant des invectives, «  t’es pas cap ! Tu le f’ras pas !, t’es qu’une bite molle trempée dans la vodka , toi une paire de couilles d’ecclésiastique plongée dans l’eau bénite »

Ils se sont mis à danser autour d’un totem de Jungle Speed , mais le totem était rouge et il y avait un logo avec une grosse tête de mort.

Je ne sais pas lequel des deux a plongé en premier mais ils ont atterri en même temps sur le totem, la salle s’est figée et les invités se sont transformée en statues de cendre.

Je me suis réveillé et sur mon lit il y avait le journal avec un gros titre « Noël 2017 , tragédie au Kremlin, trois milliards de morts ! »

Ça fout les jetons…

Tout ça pour vous dire de profiter de vos prochains jours de 2017 comme si c’étaient les derniers et si vous continuer à voir le verre à moitié vide, alors remplissez le et buvez à la santé de Vladimir et Donald les deux meilleurs maîtres du monde que l’on ait eus depuis longtemps.

Ps : En 2017 j’arrête la vodka frelatée…

un autre truc qui fout les jetons

http://www.worldometers.info/fr/population-mondiale/

Vœux du président de l’APN

Eh oui encore une année de passée, ça nous rajeunit pas ma bonne mère…

Je sais bien que vous attendiez avec impatience la cérémonie des vœux du grand Kawan, j'avais un créneau à la TV mais je n'ai pas voulu faire d'ombre à notre cher tout bon excellent président. Sa côte de popularité commence à remonter et je ne voudrais pas lui imposer ma grandeur…

Normalement, si je suis le plan de mon confrère élyséen, je dois commencer par un bilan de l'année 2014. Eh bien tout comme mon bon ami François, j'ai fait de grandes réformes en 2014, mes pinceaux autrefois rangés à gauche sont désormais passés à droite. Je remercie à ce titre mes généreux donateurs pour les nouveaux modèles qu'ils m'ont fournis en 2014 et j'espère que cet investissement portera ses fruits en 2015.

Je dois quand même vous avouer que mon bilan financier 2014 est tout à fait catastrophique, pas l'ombre d'un rouble dévalué de bénéfice, pas la moindre adhésion à l'A.P.N et malgré une réduction de 50 % sur tous vos dons pas l'ombre d'un mécène en vu. L'art ne paie plus… Mon expert en communication me tarabuste depuis de longues semaines pour faire une action d'éclat afin que l'on parle de moi dans les médias. J'ai bien envisagé de faire un jihad graphique, de créer des œuvres à l'aide de sang humain recueilli lors d'attentat suicide. Mais on m'a fait comprendre que cela serait de mauvais goût, en plus je n'arrive même pas à avoir une barbe correcte. Et puis tout ça semble tellement banal en cette fin d'année, que faire pour paraître vraiment dingue ? J'attends vos suggestions.

Bon ! Suivant le plan de notre bon président, il faut maintenant que je parle des français qui souffrent dans notre pays. Ma première pensée va bien sûr aux patrons et en particulier à ceux du CAC40. Le pauvre CAC ne se porte pas très bien et en plus on accable notre bon patronat de réglementations qui les obligent à embaucher des conseillers juridiques et fiscaux. Le Luxembourg va peut être même demander aux multinationales de payer un peu plus de 0% d'impôts. Voilà bien des raisons d'être pessimiste quant à l'avenir de notre belle Europe.

Je n'oublie pas non plus les notaires, les pilotes d'Air France, les huissiers débordés de travail à cause de tous ces pauvres qui ne paient même pas leurs dettes. Si vous êtes comme moi, éprouvé par ces injustices je vous conseille d'envoyer un petit chèque à notre bon Pierre qui n'a même plus les moyens de se payer une campagne de pub pour la collecte de dons.

Pour les autres, je ne dirai rien, tout le monde s'en occupe, les restos du cœur, le secours populaire, ACF.. une armée de volontaires près à tout pour défendre les privilèges des pauvres.

Tournons nous vers les perspective 2015, je vous souhaite de très bon vœux pour 2015, une bonne santé (sinon ça va vous coûter un max), de l'amour (parce que ça coûte rien et que ça réchauffe), de l'argent (parce qu'il n'y a pas de honte à en avoir beaucoup quand on en donne un peu aux pauvres) et je vous recommande aussi une petite pointe d'humour, de réflexion et qui sait d'indignation et de révolte contre tous les assistés du système.

Et maintenant dix bonnes nouvelles prospectives pour que 2015 soit une année formidable.

  1. Hollande remonte de 10 points dans les sondages et atteint les 25 % de satisfaits. La courbe du chômage s'inverse de 0,0000001 point et permet l'embauche de deux travailleurs (un comme gardien de Philae à l’Élisée, un autre comme conseiller fiscal au MEDEF).

  2. Sarkozy gagne la médaille d'or du marathon judiciaire 2015 et réussit à enchaîner tous ses procès sans aucune condamnation.

  3. Marine le Pen explique son programme économique aux pauvres qui faisant une blague avec Durafour crématoire la brûle à Rouen.

  4. La conférence sur le climat est une réussite, tous les pays participants se mettent d'accord pour se revoir dans 4 ans à la conférence de Vladivostok.

  5. Vladimir Poutine repenti est béni par le pape, après son absolution il envahit l'Ukraine et déclenche la troisième guerre mondiale.

  6. La croissance est enfin de retour, grâce à des fonds européens on arrive à construire deux aéroport à Notre Dame des Landes et deux barrages dans le Tarn.

  7. La finance finit par trembler, François Hollande menace de poser nu dans les plus grands hebdomadaires financiers en compagnie de son ancienne compagne.

  8. Grâce au traité TAFTA (Traité Atlantique Fait pour les Transnationales Atlantiques), les Européens peuvent enfin déguster de vrais hamburgers à la viande de bœuf aux hormones et OGM.

  9. Le loukoum Coréen est victime du réchauffement climatique, il fond lors du défilé national pour son anniversaire, la population locale le transforme en barbe à papa.

  10. Enfin la dernière mais non la moindre, une race extra terrestre vient enfin à notre secours et nous sauve de l'autodestruction (Ouf il était temps…)

Allez, braves gens, vivez comme vous le pouvez faute de vivre comme vous le voulez, la vie serait un vrai bonheur sans tous ces exploiteurs, profiteurs, spéculateurs, emmerdeurs, pollueurs, égorgeurs et autres fanatiques de la foi ou de la productivité. Si tous les braves gens de la planète se donnaient la main et se prenaient en main au lieu de regarder leur voisin comme un potentiel ennemi ou concurrent et d'attendre le messie, le monde irait sans doute mieux. Les bons sentiments ne suffisent pas à changer le monde mais peut être suffisent t-ils à changer notre vision du monde ce qui n'est déjà pas si mal.

Pour vous détendre une petit vidéo de fin du monde.

http://clic.tv/2014-05-11/

Et puis mon coup de cœur musical de cette fin d'année

Et puis pour ceux qui ne connaisse pas encore la petite boutique de Kawan et pour convertir vos chèques de Noël en œuvres d'art qui traverseront les siècles.

Le Nawak Store

Socle commun

A l'heure de l'échec scolaire et de l'arrêt de l’ascenseur social, il était temps que l’Éducation Nationale pense enfin à sortir la tête du seau et à se projeter vers des sphères ambitieuses. Voilà qui est fait. Un projet de socle commun vraiment ambitieux est né…

J'ai lu ce texte avec adoration et dévotion, les larmes me sont venues aux yeux tellement c'est beau, tellement c'est grand !

Mes enfants vont enfin sortir de l'obscurantisme grâce à l’Éducation Nationale.

Jugez en plutôt : "Au cours de la scolarité obligatoire, les élèves s’approprient des savoirs et acquièrent des compétences dans tous les grands champs de l’expérience et de la connaissance. Dans cette perspective, les connaissances ne sauraient s’opposer aux compétences, conçues comme capacité à mobiliser des ressources (savoirs, mais également savoir-faire ou savoir-être) devant une tâche ou une situation complexe. L’élève apprend à réfléchir, à mobiliser des connaissances, à choisir des démarches et des procédures adaptées, pour penser, résoudre un problème, réaliser une tâche ou un projet, dans une situation nouvelle, inattendue ou complexe. Les enseignants planifient et choisissent la façon la plus pertinente de parvenir à cet objectif en combinant des démarches qui mobilisent les élèves, et centrent leurs activités et celles de la classe sur de véritables enjeux intellectuels, riches de sens et de progrès. "

L’élève sait reconnaître une posture intellectuelle issue d'un crâne d’œuf des ministères et poser une question pertinente sur le comment on arrive à ce beau résultat.

" L'élève apprend à lire, comprendre et exploiter des textes, des documents divers, des images et des sons, des énoncés scientifiques, des données numériques, des tableaux et des graphiques. Il sait écouter les autres, parler et communiquer en s'adaptant à des situations de communication variées. Pour cela, il maîtrise des codes, des règles, des systèmes de signes et de représentation et développe ses facultés d’interprétation et de distanciation. Il aura appris à identifier ce qui est attendu dans une consigne, à utiliser les informations fournies par les différents éléments qui composent un document, à connaître les conventions qui régissent les principaux types d’écrits scolaires ou non scolaires."

L’élève peut normalement postuler pour HEC,remplir son CV sans faute d'orthographe et lire la courbe des profits de ses actions sur le site « la bourse en ligne ». Pour l'instant il reconnaît facilement le générique des publicités de TF1 et la bande annonce des dessins animés, accessoirement il peut savoir que c'est la mi-temps du match et donc aller aux toilettes au bon moment.

"Il lit des plans (bâtiments, machines, métro, …), se repère sur des cartes. Il utilise des représentations d’objets, d’expériences, de phénomènes naturels, comme les schémas, croquis, maquettes, patrons, figures géométriques… Il est initié à la représentation graphique des réseaux (routiers, ferroviaires, internet, sociaux …).

Il organise et visualise des données de natures diverses à l’aide de tableaux, de graphiques, de diagrammes qu'il est capable de lire, interpréter, commenter et produire lui même. Il a pris conscience de l’intérêt du langage symbolique pour modéliser, étudier des dépendances entre données statistiques, les représenter graphiquement, résoudre des problèmes, démontrer. "

L'élève peut a l'issue de sa 3° postuler pour le prix Nobel d'économie ou éventuellement celui de mathématique s'il est très doué.

"L’évolution des moyens de communication, la place des images fixes ou mobiles et des univers sonores, la diversité de leur production et de leurs supports, le déploiement des supports numériques et des réseaux à tous les niveaux de la société, rendent nécessaire la connaissance de leur mode de production et de signification, et des codes qu’ils utilisent. L’élève en identifiant la nature et le fonctionnement de ces différents types de communication en comprend les enjeux, est capable de les démystifier et accède à un usage raisonné et responsable des médias."

L'élève sait expliquer à ses parents qu'il n'est pas bon de regarder trop la télé surtout avant d'aller à l'école et que le matraquage publicitaire est nuisible à sa santé mentale même s'il est utile à la bonne marche de l'économie et à la santé des actionnaires.

L'élève connaît les principes de la production de l’information et de son accès (notions de sources, de documents, auteur, éditeur, classement, dépôt légal, droits…). Il a abordé des éléments d’histoire de l’écrit et de ses supports. Il s’est initié à l'usage des outils de recherche et au traitement de

l'information sur tous supports. Il sait confronter différentes sources d’information et s’interroger sur la crédibilité que l’on peut accorder à ces sources.

L’élève sait que les grands groupes médiatiques sont à la merci des publicitaires et des financiers, il sait que les hommes politiques sont liés à ces groupes via le pantouflage et le lobbying.

L’élève développe sa capacité à résoudre les conflits de manière non-violente, et sa maîtrise des moyens d’expression, de communication, d’argumentation qui évite le recours à la violence.

L’élève n'affronte pas bêtement les matraque de CRS comme l'a fait Malik Oussekine en son temps.

Bon cette prose est si belle qu'il faut la déguster avec modération, quand je pense à tous ces jeunes à qui on offre une si belle éducation, si ambitieuse et qui au bout du compte ne vont même pas décrocher un CDI chez Mac Do alors je me dis qu'il n'y a vraiment plus de jeunesse !. Quand je pense à tout ces professeurs gavés de vacances et aux salaires mirobolants qui font la fine bouche devant un aussi noble métier je me dis qu'ils devraient avoir honte.

Si moi j'avais eu toute cette belle éducation je ne serai pas là à 50 ans à baver devant cette prose ministérielle, mais dans un ministère à rédiger une encyclique sur la normalisation des relations entre les référentiels bondissants et les profanateurs de pelouse.

Voeux 2014

Voilà la troisième version du classique marronnier des vœux sur ce blog, et oui déjà trois ans que ces pages existent, trois ans que je partage mes œuvres et mes profondes pensées avec l'ensemble de la planète et que le visage du monde en est complètement changé.

Je vais tout d'abord faire un point sur la fréquentation de ce blog que je vais exprimer en pourcentage relatif à la population mondiale (approximativement 8 milliards) soit 5,1194025 *e ^(-15) %

Ce qui relativise un peu le succès de Kawan Nawak mais représente quand même une progression fulgurante et relativement exponentielle si je considère comme Groucho Marx que, parti de rien, je suis arrivé à rien mais tout seul.

Il est temps aussi de faire un rapport financier et moral sur l'activité de l'APN (Association Planétaire Nawakienne).

Organisation de 365 non expositions de Kawan Nawak

Promotion dans les médias interplanétaires de l’œuvre Nawakienne

Enrichissement personnel de Kawan Nawak

 

Recettes

 

Dépenses

 

Ventes œuvres

12 000 000,00 €

Publicité

1 500 000,00 €

Recette sur entrées aux non-expositions

….133 251,12 €

Frais professionnel de bouche et de boisson

…150 000,00 €

Dons des admirateurs Nawakiens

1 € et un bouton doré

Immobilisation pour constitution d'une retraite chapeau et d'un patrimoine digne de ce nom.

…10 483 252,12 €

 

 

 

 

Total

…12 133 252,12 €

Total

…12 133 252,12 €

Résultat

Un bouton doré

 

 

 

Ce rapport montre donc un bénéfice de un bouton doré ce qui est peu au regard des sacrifices concédé par le maître. Je remarque surtout que la ligne comptable « dons des admirateurs » est insignifiante, donc tous ceux qui me lisent aujourd'hui peuvent sortir leur carnet de chèque ou ne plus se prétendre être mes amis.

Je sais que mon image désintéressée va souffrir de cet appel mais je rappelle que l'ensemble de cet argent est exclusivement réservé à mon usage personnel et ne sera en aucun cas reversé à des œuvres d'utilité publique. Il sera mis au service de la spéculation financière internationale et placé dans des paradis fiscaux.

Bien les choses étant claires désormais il me faut faire des vœux pour 2014

Je souhaite pour notre tout bon excellent président une inversion de la courbe de sa popularité.

Je souhaite à notre tout bon excellent gouvernement de gauche la réussite dans sa grande œuvre consistant à favoriser les riches et à dépouiller les pauvres.

Je souhaite pour tous les actionnaires une rentabilité minimale de 15 %.

Je souhaite pour tous les salariés une lettre de licenciement afin qu'ils puissent enfin profiter comme tous les parasites du système des mirifiques cadeaux des ASSEDIC.

Je souhaite pour tous les spéculateurs et comptables fiscalistes un ensemble de lois facilitant leurs actions pour exporter la richesse vers les paradis fiscaux.

Je souhaite aux pétroliers l'exploitation bientôt possible des gaz de schiste et l'empoisonnement des nappes phréatiques. Ainsi que des permis d'exploitation en Antarctique afin de pouvoir enfin polluer le seul continent encore vierge.

Je souhaite aux centrales nucléaires une prolongation de leur durée de vie au delà du raisonnable pour qu'elles puissent toutes exploser au 14 juillet 2014 et polluer l'ensemble de la France .

Je souhaite une épidémie mondiale du virus H Un Et Nain qui transforme tous les hommes et femmes de plus de 1,82 en gnomes grimaçants.

Je souhaite que tous le monde soit malade au moins une fois par an à partir de 2014 par solidarité avec nos excellents laboratoires pharmaceutiques français.

Je souhaite à tous les alcooliques de joyeuses cirrhoses.

Je souhaite à tous les fumeurs de bucoliques cancers du poumon.

Je souhaite à tous les automobilistes d'hilarantes contraventions.

Je souhaite à tous les pauvres une belle augmentation de la TVA.

Je souhaite que la dette explose pour qu'enfin on décide de ne pas la payer.

Je souhaite à tous les terroristes des explosions de joie.

Je souhaite à tous les croyants la venue du prophète et de la fin des temps.

Je souhaite à toutes les femmes la liberté de porter une burqa.

Je souhaite à tous les hommes le courage de supporter leur femme habillée en burqa.

Je souhaite à tous les enfants des montagnes de bonbons et les dents cariées qui vont avec.

Je souhaite de belles émissions de télé-réalité pour qu'une majorité bénéficie des techniques décérébrantes les plus avancées.

Je souhaite que personne ne se vexe à la lecture de ces vœux et que personne ne me tienne rigueur de l'avoir oublié.

Allez, bonne et heureuse année 2014 ..

Une petite chanson pour finir l'année dans l'esprit de ces vœux.

Brouillards

Texte écrit il y a environ un mois mais tout à fait d'actualité métérologiquement parlant.

L'automne est bien installé maintenant avec son lot de pluie, de brouillard et de grisaille. Le jardin jette ses derniers feux, la vigne vierge ensanglante les haies et seuls les cosmos, les œillets d'inde et les capucines fleurissent encore, comme si l'hiver ne devait jamais arriver. La terre se prépare au repos, le potager prend un aspect désolé, un bon bêchage lui redonnera une belle couleur et une virginité reposante. Ce matin, un rouge gorge m'a observé dans ce travail laborieux, je lui ai offert quelques larves et un beau mille-patte orange, il ne m'a pas remercié par son chant mais je ne lui en veux pas, la grisaille n’incitait pas à l'euphorie.

Dans ma tête trottait la chanson de Brassens « Pauvre Martin… ». Concentré sur ce travail physique et monotone, enveloppé dans un linceul de brume, le silence de la campagne m'a emporté dans un temps pas si lointain où mes ancêtres vivaient au rythme de la terre et des saisons (il existe encore aujourd'hui une majorité de paysans sur la planète). Penchés vers le sol, en tirant laborieusement leur subsistance de la terre ils ont façonné nos paysages, nos mémoires et nos imaginaires. Ce lien profond qui les unissait à la nature leur apportait sans doute une raison de vivre et de supporter une existence de travail et de pauvreté. La parcimonie des moyens incitait à l'économie et dissuadait tout gaspillage. Pas de tyrannie de l'horloge, pas de pointeuse, pas de cadences imposées, un seul impératif : vivre et récolter assez pour subvenir à ses besoins.

Une telle frugalité n'est plus de mise aujourd'hui pour nos sociétés « modernes », mais n'oublions pas que beaucoup encore sont penchés sur cette terre, courbés sous la pression des multinationales, la mondialisation et l'envahissement de leurs marchés par nos produits agricoles subventionnés. Beaucoup sont privés de la parcelle de terre qui pourrait les nourrir et les empêcher de grossir le flot des réfugiés.

La faucheuse

Mes intimes le savent bien, j'arrive à la cinquantaine. Jusque-là je m'étais senti immortel, bénéficiant d'une bonne santé, d'une vie saine et d'un bonheur que tout homme devrait pouvoir réaliser si le monde était bien fait. Je ne me suis jamais soucié avec sérieux de la faucheuse, mais c'est sûr, elle ne m’oubliera pas… L'heure est peut-être venue de faire le point et de négocier avec cette figure exigeante.

La vie est un combat contre la mort, un combat perdu d'avance diront les pessimistes. Le combat nécessite donc de se fixer une échéance, ma famille ne comptant aucun centenaire, je pense que le chiffre de 101 ans pour ma propre mort est un bon objectif. Ce chiffre pas tout à fait rond est assez vénérable, il est de plus premier. Voilà donc l'occasion d'être premier deux fois ce qui ne m'est pas arrivé très souvent.

Ce chiffre étant acté viennent ensuite les modalités de cette mort qui doit bien arriver. Ma vie n'ayant rien de spectaculaire, n'ayant ni le goût du danger, ni l'âme d'un martyre, étant de mauvaise humeur dès que j'ai un petit rhume, il faudrait donc que cette mort soit douce et sereine. J'opterais pour une mort dans mon sommeil ou peut être même pendant la sieste par un jour ensoleillé. Dans un jardin, je poursuivrais tranquillement le vol du bourdon ou celui de l'abeille. Je ne suis pas ambitieux et ma règle de vie qui est : « si ce je ne suis pas assez puissant pour faire le bien est de ne pas faire le mal intentionnellement » mérite sans doute une fin tranquille. (Quelle suffisance!)

Si l'avenir de mon âme ne m'appartient pas vraiment, mes restes corporels doivent bien être traités. A 101 ans la médecine n'aura plus besoin de mon corps ni de mes organes sans doute un peu fatigués, si néanmoins ma dépouille peut lui servir à élucider ma propre longévité, je l'offre avec joie comme j'offre aujourd'hui mon sang. Je n'aurai pas droit cette fois au casse croûte mais tant pis cela vaudra pour toutes les autres fois. En 2064, si l'humanité est en manque de protéine, elle pourra toujours utiliser les miennes (un peu rances) pour faire de petites tablettes à consommer au petit déjeuner. A moins que nos progrès écologiques ne me destine à un compostage salvateur. J'ai une seule exigence : point de tombe, point de marbre, les cimetières sont emplis de monde (et pas toujours de beau monde), étant d'une nature plutôt solitaire, une dispersion dans un coin de mon jardin, dans une forêt ou dans le bleu de l'océan, en nourriture au plancton me paraît une excellente solution.

Mes descendants et mes connaissances indulgentes qui auront à me supporter jusqu'à un âge aussi vénérable, s'ils veulent me rendre hommage et penser encore à moi, accrocheront dans leur salon une de mes œuvres, si elles ont, elles aussi, résisté au temps et aux changements de mode. Voilà bien une vanité d'artiste de penser que son œuvre lui offrira une petite part d'immortalité, la vanité et l'orgueil ne me vaudront sûrement pas le paradis.

Car de mon âme je ne sais rien. Sera t-elle réincarnée sur Terre ou ailleurs pour vivre de nouvelles aventures palpitantes (suite au prochain épisode) ? Ira t-elle, guidée par un ange gardien vers la lumière d'une étoile brillante et chaude débordante d'amour ? Sera t-elle tentée de suivre les fausses pistes semées par le Malin pour finir dévorée par quelques démons super novæ ou de dangereux quasars ? Pire, sera t-elle happée dans un trou noir sans espoir de retour ? Plus probablement finira t-elle comme la courbe de mon encéphalogramme, comme une fonction monotone, continue, ayant pour limite le zéro et pas l'infini.

J'aurais pu discuter de cette fin avec un de mes proches qui fait des études de théologie, mais je dois dire que je ne suis plus à son niveau. Sa pensée désormais guidée par une envie de sainteté très forte ne lui permet plus de me fréquenter, moi pauvre mécréant en proie au doute et au cynisme. Ma maison lui est désormais odieuse, il ne peut y prier, mon escalier est envahi par les démons, ma cave par les morts vivants, mon hall d'entrée étant lui un chœur d'âmes damnées.

Il est certain que ces vieilles battisses n'ont pas la virginité d'un bel appartement moderne, il est vrai que mon mauvais esprit règne en maître dans ma demeure, partagé avec celui non moins malfaisant de mon épouse.

Je lui aurai bien proposé mon jardin, construit un oratoire au milieu des cosmos, des capucines ou des blanches marguerites pour qu'il puisse rester en contact avec le ciel. Oui je l'aurai fait avec joie s'il avait renoncé à exiger dans ce sanctuaire la présence d'un instrument de torture. Car l'idée d'un Christ roi, humain divinisé après des siècles d'une présence écrasante d'un Dieu lointain et vengeur est certes un progrès philosophique que l'on ne saurait ignorer. Mais l'ambition de ce brave homme à vouloir racheter tous les péchés des hommes est quand même un tantinet exorbitante. L'adorer qui plus est, sur son instrument de mort relève là au mieux du mauvais goût, au pire d'un certain esprit pervers.

Si mon but était de devenir un saint alors je ferais de mon jardin un sanctuaire, un lieu où la fourmi et le termite ne sont plus en guerre, un lieu où la chenille vorace se transforme en paix, en papillon. Un lieu où le moustique piqueur ne se fait pas désintégrer par un geste rageur, ou la limace ne meurt pas écrasée par une botte vengeresse. Un lieu où notre regard va loin au delà des étoiles sans avoir besoin d'intercesseur. Mais la sainteté appartient aux saints, je suis trop attaché à ceux de ma femme pour rêver d'un tel destin…

Pour finir quelques petites ritournelles pour penser la mort avec douceur.

L'ami Georges pour commencer.

Polmareff qui a enchanté mon enfance de sa voix cristaline.

Et puis pour finir une chanson que j'ai déjà proposée mais qui m'émeut vraiment.

Le temps des cerises.

 

Après un printemps quelques peu pluvieux, remercions le ciel pour sa clémence, la nature pour sa magnificence, pour la joie et la beauté qu’elle apporte. Je ne peux transmettre ici les parfums des pivoines ou celle des roses ainsi que le goût des cerises juteuses mais le cœur y est.

 

 

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Oeillets

 

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Pivoines

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Roses

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Actinidia (Kiwi)


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Cerises

 

Le jardin

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Merci à Marco et Françoise pour cette belle azalée qui embellit notre jardin depuis deux ans.

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Merci aux Hollandais pour ces belles tulipes dernières survivantes des jours de pluie.

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Merci à cette belle rhubarbe pour la tarte de midi.

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Merci aux abeilles venues poléniser notre cerisier les jours derniers.

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Merci aux lézards catalyseurs d’amour.

Enfin merci au soleil qui a daigné briller toute cette belle journée.

premier mai

En cette journée du 11 novembre, je me suis dis en voyant passer tout ce monde dans la rue que la mémoire des anciens combattants était encore vive. Sous tous ces beaux drapeaux bleu, blanc rouge, la ferveur d’un peuple attaché à ses racines et à son honneur national faisait chaud au cœur…

 

Nos fiers soldats n’avaient pas cassé du boche pour rien et la Merkel, elle n’avait qu’à bien se tenir sinon on lui referait un beau feu d’artifice avec nos rafales de chez Dassault ou avec nos missiles de chez Thalès. On pourrait même leur faire péter la centrale de Fessenheim un jour de vent favorable. (Mais bon ça ; ça peut arriver un jour de vent défavorable et comme le nuage sera déjà à l’intérieur on pourra pas le bloquer à la frontière).

 

Bref mon caractère nihiliste et mon envie de relancer la croissance française m’ont presque donné la force de rejoindre ces beaux cortèges, heureusement ma femme qui est perspicace m’a fait remarqué que nous étions le premier Mai, fête du travail et que ce peuple c’était les aficionados du FN qui rendent visite à Jeanne d’Arc pour entendre des voix et surtout un défilé pour la fille à son papa qui attend de récolter les voix de la misère et du  repli sur soi.

 

Je manque aujourd’hui à tous mes devoirs et je suis traître à la classe ouvrière. L’an dernier et beaucoup d’années avant je faisais le déplacement au coté des prolétaires pour montrer que notre classe est encore combative. Mais je ne sais pas , une sorte de lassitude m’assaille depuis que le PS a pris les commandes de ce beau pays. L’accord magnifique signé par quelques syndicats minoritaires sur le travail aurait il pu l’être sous un gouvernement de droite ?

 

Bien sûr je ne suis qu’un réactionnaire accroché à mes privilèges de nanti et je ne comprends pas la modernité, débaucher pour mieux embaucher plus tard c’est le BA BA de notre économie moderne. Le reste n’est que lubies et un manque d’ouverture d’esprit. Je connais bien le problème, je suis payé pour faire des gains de productivité dans une grande entreprise public, et je ne fais cela que pour sauvegarder l’emploi….

 

Bref entre le temps pourri et le climat politique pourri, j’effectue unrepli sur moi, (enfin sur un moi qui n’est pas le moi officiel mais un moi sublimé d’artiste). Cet artifice me sera t-il bénéfique sur le long terme ? Je n’en sais rien, dois je me définir selon mon travail officiel ou selon mes passions et mes activités annexes ?

 

Cette interrogation d’autres l’ont fait bien avant moi, le travail reste un élément structurant pour notre image et notre intégration sociale. Malheureusement il va devenir de plus en plus rare et ce n’est pas un problème de croissance ou une soit disant compétitivité qui changeront fondamentalement les choses. Le mouvement actuel qui vise à transformer des pans entier de notre quotidien, des activités autrefois écartées de la sphère du travail en activités commerciales et salariées., ce glissement vers une société de services atteindra une limite et ne remplacera pas les perdus par les gains de productivité.

Pour conclure sur ce sujet, je vous invite à vous pencher sur une proposition de revenu universel qui distribuerait à chacun un minimum de ressource tout au long de son existence, ce revenu distribué sans condition pourrait enfin nous permettre de nous définir autrement que par notre travail rémunéré.


Cette initiative peut être proposée au niveau européen, cela nécessite un million de signatures alors à vos stylos virtuels. http://basicincome2013.eu/ubi/fr/

 

Ps : le mauvais temps a du bon, il me maintient à l’atelier. Voilà donc finalisée aujourd’hui ma version du défilé.

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PS2 : Comme Eric Woerth je vends des tableaux (mais beaucoup moins cher). J’ai besoin de pinceaux alors cassez votre tirelire SVP.