le marcheur

Le peuple des marcheurs est un peuple qui comprend de nombreuses tribus.


Les marcheurs au long cours ne s’arrêtent jamais, ils franchissent les cols et les vallées et leurs pieds agiles effleurent à peine la terre, ils ne laissent pas de traces et leur âme est si légère qu’ils peuvent toucher les étoiles. Vagabonds ou pèlerins leur marche est grave et leur but jamais atteint.

Les enfants quant à eux marchent sans y penser comme s’il s’agissait d’un jeu, leurs petits pieds dessinent des arabesques étranges et leurs trajectoires sont faites d’arrêts et de départs sans cesse renouvelés. Tels des papillons ils flânent sans buts et s’endorment au bord d’un rivage qui les accroche au rêve.

Les femmes marchent en bande. Elles papotent et pépient et leurs bavardages se mêlent à celui des animaux pour former une musique étrange.

Les vieillards eux marchent avec obstination, leur but est connu et leur volonté sans faille, ils savent que chaque pas les rapproche de la fin du voyage et ils continuent le chemin sans rechigner.

Il est aussi des marcheurs aux pieds lourds, ils se reconnaissent à leur équipement barbare, bardée de fer leur âme ne songe qu’à des éclats guerriers et à de terribles machines qui n’apportent que le deuil.

 

Les plus beaux et les plus authentiques sont les nomades qui marchent par nécessité, pour vivre et qui ne vivent qu’en se déplaçant. Leurs pas ont tracé des chemins parcourus depuis des millénaires, leurs troupeaux modelé les paysages. Leurs migrations comme celles des oiseaux et des animaux suivent les saisons ou la nécessité d’un nouveau pâturage, ils voyagent léger et ne s’encombrent que du strict nécessaire à la survie et ne prennent à la terre que ce qu’elle peut donner.

 

Savez vous que ces nomades sont en train de disparaître ? Les voilà rattrapés et parqués par les marcheurs immobiles. Eux ne se déplacent qu’avec leurs machines, ils ne regardent la terre que parce qu’ils peuvent en tirer de la matière ou de l’énergie, ils ne sont que rouages mécaniques et volonté de soumettre. Ils ne songent pas à demain, ne voient pas la beauté du chemin. Ils ne savent pas que l’important n’est pas d’arriver mais que seul compte le voyage.

 

Alors vous tous, vous qui marchez , ne pensez pas à la destination, pensez juste au prochain pas qui vous transformera.

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